Test d’une imprimante 3D abordable : la prusa i3 de chez Anycubic !

Si le marché des imprimantes 3D est en pleine expansion, il est très difficile de faire son choix, mais le modèle le plus abordable reste la prusa i3. Il existe beaucoup de versions de diverses entreprises de la prusa i3, mais toutes se ressemblent : un plateau chauffant translatant sur un axe, un extracteur bougeant sur deux axes, et une zones d’impression ouverte. Voyons en quoi cette version de chez Anycubic se démarque.

 

EMBALLAGE & CONTENU

 

La prusa i3 arrive dans un gros carton. Aucune inscription n’est visible. Seuls des scotchs jaunes qui solidifient la boîte donnent de la couleur. On aurait préféré un emballage plus à la hauteur du prix et de l’imprimante, avec par exemple le nom du modèle, de la marque et une représentation de la machine.

Cependant, cette déception laisse place à une agréable surprise. Lorsqu’on ouvre la boîte, on découvre directement 3 blocs de mousse taillés. Dans chaque trou se trouve une pièce ou un sachet de pièces. Niveau sécurité, il n’y a pas mieux. Autant dire que vous n’aurez pas à redouter le tumultueux trajet de l’imprimante de la Shenzhen à votre maison !

On retrouve donc dans cette boîte différents objets :

  • Les pièces de la prusa … beaucoup de pièces !
  • Des outils qui vous permettront de la monter et de la régler
  • Une notice en français très complète avec des images, en noir et blanc
  • Un peu de PLA blanc pour les premiers réglages
  • Une bobine de 1 kg de PLA noir
L’intégralité des outils nécessaires sont fournis

 

TEST

 

1/ Montage & Solidité

 

Je ne vais pas vous faire un exposé sur le montage de la prusa, car la notice fais bien son boulot. Comptez une dizaine d’heures pour la monter, et la régler. Cette phase est plutôt simple, sauf deux petites parties plutôt … tumultueuses :

  • La notice n’est pas à jour. La nouvelle version de l’imprimante a une pièce PC16 différente. Le montage change alors légèrement, car il suffit de faire passer la courroie dans deux encoches et de placer un serre-câble. C’est plus simple, mais cela peut en surprendre plus d’un !
  • Les pièces Reprap (composants imprimées en 3D et utilisés pour produire une autre imprimante) comme la PC14 et la PC15, ne sont pas parfaites à cause la précision d’impression. Il ne faut pas hésiter à légèrement retravailler les trous pour faciliter le passage des vis, surtout pour l’installation des pièces PC09. Cependant encore une fois pas de panique, cela n’est pas un réel problème.

Petit conseil au passage, lors de l’installation des courroies, ne coupez pas les parties en trop, mais fixez les sous les parties mobiles avec un serre-câble. Cela vous permettra de régler plus aisément cette dernière au fil du temps. N’oubliez pas non plus de placer les tendeurs : ils permettent d’éviter les sauts de la courroie au niveau des roues dentées placées sur les axes des moteurs et donc les erreurs d’impression.

Avec un peu d’huile de coude, vous arriverez aisément à monter l’imprimante. Malgré quelques points compliqués, c’est à la portée de tout le monde.

Sur l’extrudeur, la pièce dirigeant l’air aspiré par le ventilateur vers la buse est imprimée en 3D

Les différentes parties en dur de l’imprimante sont en acrylique de 8 mm d’épaisseur. Aucune inquiétude à avoir donc quand à sa résistance. Les vis et écrous sont en acier inoxydable traité, ce qui leur confère une bonne robustesse. Cette imprimante tiendra donc le coup pour une utilisation normale, à condition de ne pas marcher dessus ou de la faire tomber (on a dit utilisation normale …).

 

2/ Réglages & maintenance

 

Au niveau des réglages, l’imprimante n’est pas dotée d’un système d’auto nivellement du plateau. Vous devrez le régler vous même. Le premier réglage est long, mais nécessaire.

Utilisez le potentiomètre pour naviguer à travers les menus et ainsi régler votre prusa i3

A l’aide du potentiomètre, cliquez sur le menu, puis sur « Prepare » et sur « Auto Home ». Cette fonctionnalité permet de renvoyer l’extrudeur sur sa position native. Cela vous permettra de vous rendre compte si les capteurs sont placés aux bons endroits, et de les régler si nécessaire. L’extrudeur doit se placer sur l’angle a gauche du lit. Lors de la descente sur l’axe Z (l’axe verticale par rapport au lit), gardez un doigt sur l’interrupteur : il ne faut pas que la buse s’écrase sur le plateau. Réglez ensuite la hauteur du lit en vissant ou dévissant les 4 écrous à main situés sous ce dernier.

Le lit doit être horizontale, c’est nécessaire pour avoir une impression de qualité et une adhérence parfaite au lit. Laissez un espace de l’épaisseur d’une feuille de papier entre la buse et le lit, de manière à permettre au filament de se déposer sur le lit tout en y adhérant. La première couche est primordiale, car elle permettra à la pièce d’être « soudée » au plateau durant l’impression et éviter les bavures.

Après de nombreux essais, voila les paramètres optimaux pour cette imprimante (sous Cura) que l’on a retenu

Pour ce qui est de la maintenance, le réglage du lit est le principal paramétrage à réaliser sur le long terme. Munissez vous aussi d’une aiguille dans le cas ou vous devriez enlever de la buse un élément la bouchant. Vous aurez aussi à resserrer les courroies de temps en temps (extension due à la tension et dilatement dû à la chaleur). Pour se faire, rien de compliqué, coupez les anciens serre-câbles, enlevez le tendeur, et refaites comme lors du montage initial.

 

3/ Qualité d’impression

 

Il est possible d’imprimer une infinité d’objets différents avec une imprimante 3D

Ah la qualité d’impression … un gros soucis des imprimantes 3D bas de gamme, notamment des prusa i3 ! Cependant, avec la buse native, on arrive avec ce modèle à des résultats très convenables. Il faut chercher dans les réglages de Cura, mais au final, après quelques essais, on arrive à trouver les paramètres parfaits. N’oubliez pas de réduire la vitesse à 50 mm/s, et la hauteur de couche à 2 mm (buse native). En ajoutant des plateaux (« radeau » pour de meilleurs résultats mais un perte de matière, j’utilise « jupe » qui ne fait qu’un léger contour), on optimise encore plus le résultat.

Le résultat est très propre, et peut être encore amélioré, même pour les courbes et zones bombées

Petits conseils si votre première couche n’adhèrent pas bien au lit :

  • Augmentez légèrement la température du lit, 60°C étant le top pour le PLA.
  • Mettez un peu de colle sur le papier du lit, en utilisant un stick d’écolier (à voler à son frère ou à son fils, selon votre âge).
  • Reréglez la hauteur du lit.
  • Faites varier la température du filament. Il faut qu’il soit à sa température de fusion, pas totalement fondu ni solide, 200°C étant le top pour le PLA.
  • Changez de papier. Si ce dernier est usé, il ne permettra pas une bonne accroche du filament. Investissez dans un rouleau de scotch large pour peintres, c’est top et moins cher que les papiers spéciaux pour imprimantes !
  • Réduisez la vitesse d’impression pour laisser à la couche de s’accrocher fermement au lit.
Petit objet simple pour tenir votre smartphone et regarder un film sans vous encombrer qui a mis tout de même 34 minutes à s’imprimer !

Au final, pas de soucis niveau qualité d’impression. J’ai même réussi à imprimer un roulement à billes 100% fonctionnel. Avec le temps, vous pourrez vous amuser à monter la vitesse jusqu’à 100 mm/s, ainsi qu’à opter pour une buse plus fine, de 2 mm par exemple.

 

4/ Ergonomie & Fonctionnalités

 

Place à l’aspect moins avantageux de cette imprimante. Son prix lui fait clamer sa simplicité et sa redoutable efficacité d’impression. Vous vous douterez donc qu’elle n’est pas dotée d’un système qui vous sert le café.

Au niveau de la navigation, c’est la même chose que pour des imprimantes plus chères : un potentiomètre, et un écran LCD simple. Vous pourrez néanmoins régler le contraste grâce à un mini potentiomètre situé au dos de l’écran LCD. Il est possible dans le menu de bouger les moteurs indépendamment les uns des autres, ce qui est très pratique pour changer de filament ou calibrer très précisément la machine. Vous pourrez aussi « tuner » en live vos impressions en changeant la température du lit, de la buse ou la vitesse des ventilateurs pendant une impression. Les fonctions d’« auto home » et de « printing pause » sont très pratiques pour respectivement recalibrer la position de l’extrudeur et contrôler l’état de votre impression en cours.

L’imprimante ne possède pas de système d’auto nivellement du lit

Un bouton « reset » permet de relancer l’imprimante avec ses paramètres par défaut, et un buzzer indiquera lorsque vous cliquez sur le potentiomètre.

On ne regrettera au final que le système d’auto nivelage du lit, que vous pourrez ajouter par vous même si vous avez quelques notions en bricolage. Cependant, ce système aurait fait augmenter le prix de la prusa i3, donc est un choix logique de la part d’Anycubic.

 

CONCLUSION

 

Cette prusa i3 est au top. Une qualité d’impression décente, malgré quelques difficultés de montage surmontables, un « prix d’ami » comparé à ses compétences, et un service après vente au top. Elle vous permettra de découvrir le monde de l’impression 3D et même de vous y confirmer. Je vous la recommande très largement !

Anycubic Prusa i3

290€
Anycubic Prusa i3
9

Montage & Solidité

8.0 /10

Réglages & maintenance

9.0 /10

Qualité d'impression

9.5 /10

Ergonomie & Fonctionnalités

8.5 /10

Prix

10.0 /10

Points positifs

  • Permet de se familiariser avec l'impression 3D
  • Larges possibilités d'améliorations
  • Bonne précision native d'impression
  • Service après vente au top
  • Prix

Points négatifs

  • Pas d'auto nivellement du lit
  • Long à monter
  • Zone d'impression à l'air libre

Elias Auteur

Fondateur du site, testeur aguerri et fanatique de nouvelles technologies !

Laisser un commentaire